Archives Mensuelles: mars 2010
Alice au pays des merveilles

Une adaptation trop attendue
Un naufrage…
Dès les premières minutes, Burton balaye tous les espoirs en ridiculisant quasiment l’ensemble de son œuvre, de Edward Scissorhands à Ed Wood en passant par Batman Returns et Mars Attacks. « Tu es folle. Mais rassures toi, la plupart des gens bien le sont aussi », dit le père d’Alice à sa fille. Toute une filmographie à magnifier les gens différents, les mis à l’écart et les excentriques, pour finalement la résumer à un slogan bêtifiant et sans âme, qui semble avoir été écrit par un agent de com’ et non pas par un artiste. Cette simple réplique illustre toute la pellicule : Alice au pays des merveilles est un film idiot, laid, dépourvu de personnalité, pourri par une industrie qui semble avoir finalement zombifié Burton. Rien ne marche, on n’est jamais ému, on n’a jamais peur, on n’est jamais émerveillé, rien ne semble vraiment avoir été imaginé, comme s’il s’agissait d’un scénario tombé dans le domaine public qu’un réalisateur à la chaîne aurait mis en images. C’est comme si Bob Dylan sortait un album de reprises d’Au clair de la Lune et de Vive le vent. L’esthétique fait preuve d’un mauvais goût à toute épreuve, les couleurs sont criardes, Helena Bonhnam Carter en Reine crie encore plus fort, Johnny Depp en Chapelier n’est pas fou mais juste ridicule (et ce costume, mon Dieu ce costume…), et Anne Hathaway semble particulièrement mal-à-l’aise avec les âneries qu’on lui demande de jouer. Le Lapin ne sert à rien, la Chenille non plus, le Chat est un prétexte, la Sourie est insupportable. Seule la musique surnage un peu dans ce naufrage, grâce à un Danny Elfmann toujours talentueux mais en mode automatique, qui semble bloquer sur sa console en écoutant des chutes des BO de Big Fish et de Sleepy Hollow. Enfin, jusqu’au générique final, braillé par… Avril Lavigne !
Plus qu’un ratage
Burton tenait-il tellement à cette adaptation ? Oui, si l’on en croit ses interviews. Pourtant, ça n’en a foutrement pas l’air. Etait-il réellement sur le plateau, ou était-il scotché dans sa caravane, à picoler et à donner des ordres à ses assistants, genre «faites du Burton » ? Où est passé Burton ? Où est passé le poète visuel, le virtuose de l’émotion que le réalisateur était incontestablement ? Car Alice n’est pas seulement un ratage, c’est un impardonnable compromis au showbiz, là où Batman Returns transcendait son statut de film de commande commercial pour apparaître comme un chef d’œuvre extrêmement personnel. Critiquer Alice parce qu’il est un film de commande Disney est bien sûr un argument de mauvaise foi, mais les faits sont là : Alice semble avoir été bâclé par un sagouin cynique et complaisant, ce que Tim Burton n’est pourtant pas, ce que Tim Burton ne doit pas être.
2/10 : Alice aux Pays des Merveilles est une énorme déception, qui ressemble à une trahison. Lewis Carroll et Tim Burton semblaient pourtant fait pour s’entendre…
SOS cheveux secs !




