Archives de la Catégorie Bouillon De Culture

Festival de Cannes 2012

C’est reparti pour un tour de tapis rouge ! Sur la Croisette de Cannes, entre vedettes, et films d’auteurs, entre flash, paillettes, séance de cinéma et batilles pour obtenir des accréditations voici le Festival de Cannes.

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La Rumeur

« Considère moi comme une bombe / Dont tu as allumé la mèche / Et qui égrène les secondes / D’une saison blanche et sèche » (L’Ombre sur la mesure)


C’est à point nommé que débarque le nouvel opus du groupe de rap français le plus passionnant de ces dernières années. Dès le lendemain du premier tour, dont le résultat n’a ému personne. Alors que le score du FN n’a jamais été aussi important, que Sarkozy rend légitime une bavure policière, et que François Hollande se réclame du sinistre Tartuffe que fut Mitterrand. Le climat est à l’orage, l’époque à l’écœurement, le futur est incertain.
« L’avenir ne me dit rien et c’est réciproque » (Qui ça étonne encore ?)

L’avenir n’est plus à craindre, parce que le présent craint déjà. C’est ce que dit le titre du dernier album de La Rumeur. Tout brûle déjà. Et ouais, La Rumeur n’est pas là pour rigoler, presque quinze ans qu’elle revendique ce postulat : chez La Rumeur, on n’entendra jamais La Fièvre ou Le Mia. Sombre, lourde, oppressante, La Rumeur ne nuance jamais sa colère, son désespoir, sa rage. Inutile de préciser que ça en fait fuir plus d’un. La prise de position est certes contestable, si l’on considère la musique avant tout comme un loisir, mais reste que Ekoué, Hamé, Philippe et Mourad ne font pas marche arrière et assument jusqu’au bout. Le retournement de veste, l’eau dans le vin, pas le genre de la maison. Bien sûr, ça créé des embrouilles, parce que non content de rapper sans concession, les quatre de La Rumeur ont des textes à la hauteur de leurs ambitions, mais surtout une rhétorique de fer, un discours construit, une intelligence ciselée. Et ça, c’est toujours plus compliqué à corrompre que le rappeur français moyen. Skyrock en fait les frais, sous les pluies d’injures et d’attaques acharnées du groupe, ne supportant pas de voir le rap exploité et affadi par une bande de requin en costards. Lire la suite

Allen Stone : Blue Eyed Soul

La première fois que j’ai vu Allen Stone, c’était dans ce live enregistré dans le salon de sa mère. L’installation est sommaire, mais efficace : un micro sur pied, une batterie, des guitares, dont une pour le chanteur qui arbore une belle dégaîne de hipster : cheveux trop longs sous un bonnet difforme, visage encadré, disparu, derrière des lunettes trop grandes. Et il ouvre la bouche. Mettant fin à ma cascade de jugements, pour me retrouver honteusement transportée par une véritable voix soul et un vrai sens de la musique.

Allen Stone a commencé la musique comme toutes ses idoles, au sein d’une chorale. La chorale de l’église de son père dans la petite ville de Chewelah, Washington, dont il deviendra rapidement le leader. En 2010, il sort son premier album, le discret “Last To Speak“. Et pourtant il convainc, et réussit à réunir derrière lui tous l’orchestre de Raphael Saadiq sur un album. Un album éponyme, sortie le 4 octobre 2011, qu’il distribue par ses propres moyens, et qui poussé par son talent atteindra la deuxième place du classement iTunes.

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Shaka Ponk, grand cru musique 2012

Shaka Ponk. Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, vous avez forcément déjà entendu l’une de leurs chansons, qui commencent à tourner sur les radios, sur France 2, dans le générique de bande annonce de la série Antigone 34 (“i’m picky”) ou bien dans une pub Fanta aux alentours de 2003.

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Faye Dunaway : incroyable emmerdeuse

Faye Dunaway par Jerry Schatzberg

Faye Dunaway est, comme elle aime à le rappeler, “une fille du Sud frustrée de vivre dans ce petit environnement“. Et oui, le sud des Etats Unis, pour Faye Dunaway, c’est “petit”.

Repérée par Elia Kazan à 21 ans alors qu’elle joue sur les planches dans Les Sorcières de Salem, Faye Dunaway est déja ingérable : dépressive chronique, collectionnant les psychanalystes, jouissant d’une vie privée plus qu’instable, elle est décrite par le réalisateur d’Un Tramway Nommé Désir de la manière suivante : Il y a quelque chose chez Faye qui rappelle Jeanne Moreau. Elle est toujours en train de se précipiter quelque part et il semble émaner d’elle une impression de drame permanent. Pour autant, cela n’effraiera pas Elia Kazan qui non seulement la recommandera à Arthur Penn pour le rôle de Bonnie dans le film éponyme, mais la fera aussi tourner aux côtés de Kirk Douglas en 1969. C’est bien connu, les hommes préfèrent les folles.

A partir de 1965 Faye en a ras le cul du théâtre. Mais pas question de passer à la télé : ce qu’elle veut, c’est devenir une star de cinéma. Et elle y met toute son énergie : sa partenaire Estelle Parsons dans Bonnie & Clyde glissera d’elle (pas trop fort, pour ne pas qu’elle entende) Je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une énergie aussi démoniaque pour devenir star de cinéma. Elle fait des pieds et des mains pour obtenir un contrat, et elle y parvient : en 66, le réalisateur Otto Preminger (deux fois nommé aux Oscars) l’engage pour 5 ans, et commence par la faire tourner dans Que Vienne la Nuit, aux côtés de Michael Caine. C’est un fiasco : la jeune actrice prend le vieux réalisateur de haut, arguant qu’il ne connait rien au processus du jeu d’acteur (c’est son premier film, il en a déja réalisé 33). Elle rachète une fortune son contrat à Preminger, caprice qui la met complètement sur la paille. Lire la suite

Le retour de Mad Men

25 mars. La date était attendue. Parce qu’on changeait d’heure pour passer à l’heure d’été ? Parce qu’on célébrait le premier week end de beau temps de l’année ? Non. Parce que Mad men revenait, après près d’un an et demi d’absence. Madmen : une série touchée par la grâce qui n’a à peu près pas regagné terre depuis ses débuts sur AMC (Matt Weiner, son créateur, a remporté quatre années consécutives -i.e., pour CHACUNE des saisons de Mad men, le Emmy Award de la meilleure série dramatique), était enfin rattrapée par la réalité : des querelles de budget avec la chaîne, dit-on.

Nous quittions Don Draper, observant son régime habituel de coucheries et s’envoyant des whisky à longueur de journée – jusqu’à en avoir des remords, en octobre 2010 : la saison 5 aura tardé. Un petit article pour se rafraîchir la mémoire avant de savourer le premier double épisode de la saison, ou, pour celles qui ne connaissent pas encore la série, découvrir ce qui fait que même le New York Times considère, en pleine campagne électorale aux Etats-Unis, le retour de Mad Men comme une information digne d’être annoncée.

La première chose qui surprendra le spectateur devant Mad men, c’est, outre sa lenteur et sa précision inhabituelle pour le format «série », son esthétique : la série est comme enrobé d’un hyperréalisme glacial et qui donne un étrange sentiment d’éternité : comme si on avait devant nous les sixties que seules une cinquantaine d’années de nostalgie et de fantasme pouvait recréer. Chaque plan est réfléchi – ce qui vaudra à Madmen de faire la couverture des Cahiers du Cinéma, revue de cinéphile au delà de tout soupçon, l’été 2010, au même titre qu’un film de Rohmer, Lynch ou Terrence Malick. Barbet Schroeder viendra d’ailleurs réaliser un épisode dans la saison 3.

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Phil Spector : Ascenseur pour l’échafaud


Recommandation de l’auteur : faire tourner la vidéo suivante pendant la lecture de l’article.


 

On ne peut pas vivre correctement sa passion pour le rock et ses génies malades sans un jour croiser le chemin de Phil Spector. Longtemps il fut bon ton d’ignorer son importance capitale dans le monde de la Pop, il a quasiment fallut attendre son incarcération en 2003 (voir en fin d’article) pour que son travail soit reconnu à sa juste et inestimable valeur. Qu’on le tienne responsable du présumé échec artistique du Let it Be des Beatles ou de la spectaculaire dégringolade du rock’n’roll vers les affres du show business, Spector n’en demeure pas moins le plus brillant des pères fondateurs du courant le plus inutile et le plus vital de l’histoire de la musique, la Pop.

Car si Warhol a prédit l’art éphémère, l’art comme produit de consommation et le quart d’heure de gloire, c’est Spector qui a illustré le concept à son paroxysme, l’étirant dans de phénoménales proportions, jusqu’à la contradiction. Nous sommes en 1960, et désormais, les artistes sont jetables une fois essorés de leur talent, et les petites bluettes naïves que l’on en a tirées sont d’éternels chefs d’œuvres. Laissons le blues, la country et le rockabilly aux fifties : les années 60 seront Pop.

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Les beaux gosses 1930-1960

Le beau gosse n’est pas une invention marketing de l’Hollywood des années 1990 pour vendre des films au scénario douteux. En effet, le beau gosse sur les écrans est un argument de vente depuis bien plus longtemps, depuis toujours en fait ! On le sait tous, la beauté ouvre plus de portes, permet de réussir plus facilement et attise la fascination. En clair il semblerait que l’on réussit socialement plus facilement en étant beau ou belle. Cet article n’a pas pour but de rendre compte de ce phénomène latent présent dans nos sociétés mais plutôt de voir le verre à moitié plein en se rincant l’oeil sur les beautés masculines passées que nous, enfants du nouveau millénaire avons manqué d’admirer sur grand écran. Voici donc une petite sélection de ces hommes qui ont fait chavirer le cœur des femmes (et des hommes !) entre les années 1930 et 1960. N’hésitez pas à partager ce recueil de photos à vos grand-mères et mères adorées. Toutefois, pour vos mamies chéries évitez le mail et favorisez une version papier : nous ne sommes pas tous des génies de l’informatique.

Clark Gable

Dans les années 1930 Clark Gable est la vedette d’un nouveau pan de l’histoire du cinéma : le parlant. On peut retenir La belle de Saïgon en 1932 de Jean Harlow où la belle s’éprend d’amour et de fascination pour le personnage de Clark ou encore New York-Miami de Frank Capra en 1934. D’ailleurs ce film et notamment une scène où Gable se met au lit et enlève sa chemise, dévoilant un torse nu, aurait eu une influence sur la mode masculine de l’époque et les ventes de sous-vêtements masculins auraient considérablement baissé à la suite de New York-Miami. Il faut dire qu’à l’époque rare étaient les hommes qui ne portaient pas le marcel sous leur chemise. Plus tard il deviendra célèbre pour toujours et à jamais avec Autant en emporte le vent, de David O. Selznick, en 1939. Lire la suite

The Puppini Sisters

Les Puppini Sisters, ne sont pas vraiment soeurs. Du moins pas soeurs de sang. Ces trois londoniennes, qui se sont rencontrées sur les bancs d’une école de jazz, sont unies par la musique mais aussi un goût immodéré pour l’âge d’or d’Hollywood. Une époque flamboyante qui s’étend des années 30 aux années 50. L’époque où les Andrew Sisters animaient les pistes de danse avec leur formation de close harmony (des morceaux chantés à l’unisson mais sur des harmonies décalées).

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Mon idole : Angelina Jolie

Angelina Jolie, c’est d’abord un visage : des yeux immenses, des lèvres outrageusement charnues et accessoirement, une plastique impeccable. C’est aussi un personnage troublant, insondable, qui ne laisse jamais indifférent. Elle inspire parfois la haine, la jalousie, et bien souvent la fascination voire l’obsession. Une femme imposante, une actrice impressionnante, détentrice d’un Oscar et capable d’être au générique d’un film d’action comme Salt et d’y endosser un rôle d’abord prévu pour… Tom Cruise.

Oscars 1996, avec son père John Voight

Mais sous le glamour lisse des images en papier glacé, se cache une véritable complexité. Quand, à 11 ans, la jeune Angelina Jolie Voight, fille des acteurs, alors divorcés, John Voight et Marcheline Bertrand, décide de devenir elle-même actrice et de se lancer dans le mannequinat, tout n’est pas si simple. A cette époque, elle porte un appareil dentaire et des lunettes, et fait souvent face aux moqueries de ses camarades. Son mal-être et son manque de confiance en elle font vite d’elle une marginale, marginalité cultivée par sa passion pour les couteaux, la sang et la mort. Peu réjouissant.

A 14 ans, elle quitte le domicile de sa mère pour vivre avec son petit-ami punk. Elle se teint alors les cheveux en rose, porte du noir et a pour hobby la mutilation. Au même moment, elle abandonne ses lunettes, son appareil et se lance dans le travail de mannequin. Une revanche sur son image qui lui permettra de regagner confiance en elle et de retourner au théâtre pour interpréter son premier rôle : celui d’une dominatrice allemande. Mais son malaise perdure, et sa confiance joue au yo-yo. Lire la suite

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