Archives de la Catégorie Monidole

Mon idole : Angelina Jolie

Angelina Jolie, c’est d’abord un visage : des yeux immenses, des lèvres outrageusement charnues et accessoirement, une plastique impeccable. C’est aussi un personnage troublant, insondable, qui ne laisse jamais indifférent. Elle inspire parfois la haine, la jalousie, et bien souvent la fascination voire l’obsession. Une femme imposante, une actrice impressionnante, détentrice d’un Oscar et capable d’être au générique d’un film d’action comme Salt et d’y endosser un rôle d’abord prévu pour… Tom Cruise.

Oscars 1996, avec son père John Voight

Mais sous le glamour lisse des images en papier glacé, se cache une véritable complexité. Quand, à 11 ans, la jeune Angelina Jolie Voight, fille des acteurs, alors divorcés, John Voight et Marcheline Bertrand, décide de devenir elle-même actrice et de se lancer dans le mannequinat, tout n’est pas si simple. A cette époque, elle porte un appareil dentaire et des lunettes, et fait souvent face aux moqueries de ses camarades. Son mal-être et son manque de confiance en elle font vite d’elle une marginale, marginalité cultivée par sa passion pour les couteaux, la sang et la mort. Peu réjouissant.

A 14 ans, elle quitte le domicile de sa mère pour vivre avec son petit-ami punk. Elle se teint alors les cheveux en rose, porte du noir et a pour hobby la mutilation. Au même moment, elle abandonne ses lunettes, son appareil et se lance dans le travail de mannequin. Une revanche sur son image qui lui permettra de regagner confiance en elle et de retourner au théâtre pour interpréter son premier rôle : celui d’une dominatrice allemande. Mais son malaise perdure, et sa confiance joue au yo-yo. Lire la suite

Amélie Nothomb

Un chapeau sur la tête, 20 romans à son actif et toujours habillée en noir, pas de doute, nous parlons bien d’Amélie Nothomb. L’auteur belge a sorti son vingtième livre cet été : Tuer le père, aux éditions Albin Michel.

Amélie Nothomb dédicaçant un ouvrage lors du Salon du Livre de Paris le 14 mars 2009.

J’ai découvert Amélie Nothomb grâce à son neuvième roman, Stupeurs et Tremblements, prix de l’Académie Français en 1999. C’était l’une de ces lectures obligatoires pour la seconde. Tout le monde l’a détesté ; je l’ai adoré. Lire la suite

Monidole : Alexander Mcqueen

Le dernier portrait d’Alexander McQueen, par Steven Klein

Le créateur Alexander McQueen nous a quitté le 11 février 2010 – déja -, mettant fin à ses jours et à mes espoirs de le voir un jour fouler du pied un catwalk après un de ses merveilleux défilés. Je suis d’accord, les deux enjeux ne sont pas comparables, mais quand même : je suis bien triste. McQueen était de ceux capablesde réconcilier n’importe qui avec la haute couture : loin de la prétention des collections pour grand mères liftées, chacune de ses saisons passait comme une exposition mouvante, un tableau de maître fluctuant, car celui qui reçut à 4 reprises le prix du designer britannique de l’année ne dessinait pas des vêtements, mais des oeuvres d’art.

Alexander McQueen est né en 69 (excellent cru comme chacun sait). Fils d’un chauffeur de taxi et d’une prof de sciences sociales, le jeune Lee (de son premier prénom) est le petit dernier d’une fratrie de six enfants, un milieu modeste qui n’augure habituellement pas de fulgurantes carrières dans la mode. Mais à force de faire des robes pour ses soeurs, le démon fashion s’empare de son avenir : il quitte l’école à 16 ans et commence son apprentissage chez des tailleurs et des costumiers de théâtre, à l’origine de sa capacité phénoménale à parfaitement couper des vêtements. Comme on se lasse de tout, même de tailler des costumes à Gorbatchev et au Prince Charles, McQueen rentre à la célèbre Central Saint Martins College of Art and Design. Celui qui n’était alors qu’un tailleur anglais voit son destin basculer.

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Monidole : James Dean, la jeunesse éternelle.

Figure emblématique du cinéma américain et devenu une légende après sa mort, James Dean fait partie de la liste des Grands du monde culturel à s’être éteint au tout début de sa carrière. En effet, à l’aube de ses 25 ans, James rejoignit Marilyn Monroe, Jayne Mansfield, Patrick Deweare, Gérard Phillipe et Romy Schneider entre autres.

Plus jeune acteur de l’époque à entrer dans la prestigieuse Actor’s Studio, Jimmy (n’est-ce pas mignon ?) souhaite améliorer ses capacités à s’approprier un personnage et ne faire plus qu’un avec. Comme beaucoup d’acteurs, il commence par faire du théâtre dans sa petite ville natale, Fairmont, soutenu par sa mère et le pasteur et docteur James De Weerd qui semble lui avoir donné le goût des pratiques artistiques et notamment la comédie. Habité par une grande soif de reconnaissance, le jeune homme en veut toujours plus et quitte rapidement la ville pour tenter sa chance à New York. Il parvient à figurer et même obtenir un rôle plus important dans quelques séries B, la plupart du temps grâce aux relations qu’il entretient avec le réalisateur Rogers Brackett. Lire la suite

Monidole : R.E.M., la séparation

Ce mois-ci, les 90’s nous hurlent qu’il ne faut pas les oublier : Nevermind fête ses vingt ans, les Red Hot sortent un nouvel album et surtout, R.E.M., qui triompha internationalement en 1991, se sépare. Malgré une fin de carrière franchement tiédasse, l’héritage artistique du groupe géorgien demeure impressionnant. Bilan !

C’était à la fin des années quatre-vingt-dix. Dans une de ces abominables fêtes de village qui traumatisèrent plusieurs générations de gens civilisés et raffinés. Autour de moi, des adultes, non dénués de bon sens, s’extasiaient sur les standards de Police ou de U2, prêchant le bon vieux temps que nous n’avions pas connu, nous, futurs nerds 90’s, qui avions eu le malheur d’échapper au Hair métal, aux claviers Bontempi et aux coupes mulet. Une fois ce dangereux discours terminé, la Danse des canards retentissait et je les voyais bondir les uns vers les autres pour ébaucher une cauchemardesque chorégraphie que ma mémoire a jugé bon d’enfouir dans les abîmes de mon inconscient. Et soudain, au milieu de ce film gore pour mélomane, retentissait une chanson pop, brillante et naïve, un duo de guitare intelligent et jamais bavard, et une voix aussi chaude que brisée, qui semblait dire que, oui, une alternative est possible. Cette chanson, c’est The One I Love, de R.E.M.

Ce qu’incarne R.E.M. dans les années 80, c’est une véritable bouffée d’oxygène dans le paysage musical ambiant. Pas qu’il n’y ait rien à se mettre sous la dent dans la décennie, non, mais R.E.M. est le seul groupe à proposer une musique pop rafraîchissante, maligne, positive et en même temps rigoureusement indépendante. Les héros des 70’s sont largués, le punk est en mode sombre et malsain, les hard rockers font de la musique aussi grasse que leurs cheveux et la pop vire à l’électro-cynisme. On dit souvent que les albums du Velvet Underground se sont très peu vendus, mais que les rares acheteurs ont tous formé des groupes. Indéniablement, cette maxime a été créée pour un groupe comme R.E.M. Mais si Sonic Youth a dû user la galette du destructeur White Light / White Heat, R.E.M. serait plutôt influencé par leur troisième album éponyme, rempli de chansons folk éblouissantes.

On dit aussi, bien souvent, que R.E.M., c’est U2 à visage humain. Il y a de ça. Lire la suite

Drive : l’explosion de Ryan Gosling

A la vue de l’affiche, vous pensez sans doute que Drive n’est qu’un Fast & Furious de plus. Je ne sais pas si vous avez notez le petit épis de blé au dessus du titre, avec l’inscription “Prix de la mise en scène, Festival de Cannes”. On ne donne pas ce genre d’épis de blé à des films comme Fast & Furious.

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Monidole : Kate Bush, la sorcière du son

Je pourrais aborder Kate Bush en prenant le mythe par son commencement : son enfance en Angleterre dans la bien nommée ville de Bexleyheath, sa formation de danseuse, de mime, sa famille prompte à encourager le talent de la jeune, très jeune Cathy… Mais Kate Bush plus qu’une histoire c’est une sensation, un remède, une mythologie, une magie. Sa musique parle à l’âme de ceux qui veulent bien l’entendre, tant et si bien que la presse la surnomme bientôt “la sorcière du son“, et plutôt que de la décrire avec des mots qui seront forcément trop pompeux, je préfère la partager avec vous.

Préambule

En tant qu’enfant chérie des années 80, je connaissais Kate Bush comme tout le monde : la conteuse étrange de Wuthering Heights, la folle dingue de Babooshka, la rêveuse de Running up that hill. Et puis j’ai traversé, comme tout un chacun certainement, un épisode difficile, une sensation de vide infini, de murs lisses contre lesquels on glisse, de chute inexorable vers le néant, quand tout et n’importe quoi nous traverse et nous heurte, jusqu’à en perdre le plus basique : respiration, expiration.

Il est des gens qui dans de telles situations s’engagent dans l’humanitaire, pour se heurter à la vie, voient un psy, écrivent des livres. Je ne saurais plus dire comment je suis tombée sur l’album Never For Ever de Kate Bush et surtout sa 11ème piste : Breathing. Lire la suite

Monidole – Florence + the machine : la sorcellerie faite musique

Difficile de décrire avec des mots le phénomène Florence + the machine.

Florence + the machine n’est pas un film de Tim Burton ou un roman caché de Lewis Caroll, c’est un groupe de rock indé ascendant soul. Porté par la sublime Florence Welch, ancienne étudiante aux Beaux Arts anglais, dyslexique, insomniaque et dysimétrique de son état, Florence + the machine c’est d’abord (quoi que, mais c’est en tous cas ce dont je vais parler en premier) sa voix : une sorte de coup de poing en plein ventre qui fait du bien. Ecoutez Florence Welch chanter à votre oreille, c’est accepter de se faire hypnotiser, ensorceller, c’est un peu remettre sa vie entre ses mains et accepter de la laisser vous emporter dans vos propres abysses, dans votre propre paradis, tout ça à dos de montagnes russes. Lire la suite

Françoise Sagan, mon amour

Françoise Sagan disparaît en septembre 2004, au moment où j’entre en khâgne. Je m’en souviens précisément, son nom, évidemment, m’était familier, Sagan, comme le beurre de Normandie et les abricots du Roussillon, c’est la France carte postale, une image d’Epinal, mais au fond, je ne la connais pas vraiment et je suis surprise du déferlement médiatique que son décès engendre : pendant un week end on ne parle que de ça. De Françoise, de ses scandales, de ses romans, de ce qu’elle détestait et de ce qu’elle aimait.

 Moi, j’ai 18 ans, et je découvre les romans et la personnalité de Françoise Sagan en même temps qu’elle disparaît, et, à en croire les nouvelles, c’est une française emblématique qui nous quitte. La fascination que suscite Sagan, qui lui valut une quantité folle d’interviews et un film réalisé en 2008 par Diane Kurys avec Sylvie Testud dans le rôle titre, tient sans doute plus à sa vie qu’à son œuvre. Lectrice des plus grands, Dostoïevski, Faulkner, Proust, Fiztgerald et William Styron, Sagan regrettera longtemps que son écriture, une ribambelle de tours naturels et heureux, soit comparée à « une petite musique ». Impossible d’entendre le nom de Sagan, un pseudonyme qu’elle s’est choisie à 19 ans, car son père refuse que leur nom de famille soit associé à son premier roman, Bonjour Tristesse, une centaine de pages un brin scandaleuse, sans l’associer aux excès : Sagan est et restera connue pour aimer les bolides, pour ses dépendances à l’alcool, aux drogues, et sa gestion calamiteuse de l’argent.

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Aung San Suu Kyi

Maintes et maintes fois récompensée pour son combat pour la paix, Aung San Suu Kye est une femme qui fait depuis des années le sacrifice de sa vie pour pouvoir  instaurer et conserver la paix dans son pays, la Birmanie.

Aujourd’hui, la Birmanie, est sous un régime autoritaire, dirigé par une junte armée aux pratiques controversées. Là-bas, le respect de la liberté de la presse et des droit de l’homme n’a rien d’exemplaire, les pouvoirs judiciaires et exécutifs s’entremêlent,  ont applique encore le châtiment des travaux forcés, et l’opposition dont Aung San Suu Ki est le leader, subi une très forte répression. Même si la situation n’a pas toujours été idéale, elle n’a pas toujours atteint de telles extrémités. Le 4 janvier 1948, la Birmanie acquiert son indépendance auprès du Royaume-Uni, ainsi que son nom : Birman en anglais et Myanmar en birman. L’un des symboles et des artisans de cette indépendance est le général Aung San, président du Mouvement Antifasciste, au courant communiste et soutien des Alliés de la Seconde Guerre. Il sera assassiné par ses rivaux le 19 juillet 1947.

Le Général Aung San, Daw Khin Kyi, Aung San Suu Kyi et ses deux frères.

Il laisse derrière lui une fratrie de trois enfants. Sa fille Aung San Suu Kye, n’a alors que 2 ans. Quant à sa mère,  Daw Khin Kyi, elle décide de s’engager dans les milieux sociaux et publics. Bénéficiant du rayonnement symbolique de son mari, et grâce à ses actions, elle jouit très vite d’une certaine importance dans le paysage politique birman. Et dans les années 60 elle est nommée ambassadrice de la Birmanie en Inde.

Pendant ce temps, Suu Kye grandit, étudie. D’abord en Birmanie, puis en Inde où elle rejoint sa mère. Elle part ensuite aux Royaume-Uni  suivre un cursus de  philosophie, politique et économie à St High’s College à Oxford de 1964 à 1967 et termine ses études par un doctorat à la School of Oriental and African Studies. A 24 ans, elle poursuit d’autres études à New-York et obtient dans le même temps un poste de secrétaire-assistante au Comité des Questions Administrative et Economique aux Nations Unies.  A Oxford, elle rencontre Michael Aris, étudiant en civilisation tibétaine. Ils se marient et ont deux enfants : Alexander et Kim nés respectivement en 1973 et 1977. La vie d’Aung San Suu Kye est alors rythmée par les vols entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où vit son mari, qui réalise une étude sur l’Himalaya et le Tibet.

Michael Aris et Aung San Suu Kyi

En 1988, Aung San Suu Kyi retourne en Birmanie seule, pour s’occuper de sa mère mourante. La même année, un mouvement populaire est lancé par des étudiants, dans l’espoir d’acquérir plus de démocratie. Des manifestations éclatent dans tous le pays, et le général  Ne Win, leader socialiste au pouvoir, fait appel à l’armée pour réprimer ces manifestations. Mais très vite, la junte militaire prend le pouvoir.

Face à une répression aussi violente et à un régime autoritaire, les convictions non-violente de Suu Kyi, influencée par Mahatma Gandhi, ainsi que les principes démocratiques qu’elle retient de ses expériences en Occident, et l’aura de son père, véritable symbole d’espoir, la font entrer en politique. Après un appel à la Démocratie  à la Pagode Shwedagon, elle participe à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) en septembre et devient plus tard Présidente de ce partie.

C’est le début d’un combat pour la Démocratie. En 1990, la junte militaire organise, sous la pression de la population et pour asseoir son pouvoir, une élection générale. Mais rien ne se passe comme prévu, et le LND, Suu Kyi à sa tête, est largement plébiscité (le parti récolte près de 80% des voix). Pourtant, la junte militaire renie le scrutin et refuse à Suu Kyi le poste de Premier Ministre. Pire encore, elle est condamnée à une assignation en résidence, et ce sans procès, la junte militaire profitant d’un état de loi martiale.

La communauté internationale s’insurge et soutient Suu Kyi. En 1990, elle reçoit le prix Sakharov, pour sa Liberté de Pensée et en 1991, elle obtient un prix Nobel de la Paix qui s’élève  à 1,3 million de dollar qu’elle utilisera pour mettre en place un système de santé et d’éducation pour le peuple Birman.

Elle est ensuite libéré en juillet 1995, mais la pression de la junte armé sur un personnage devenu un symbole ne s’arrête pas pour autant : Aung San Suu Kyi qui vit seule à Rangoon, capitale birmane, est mise face à un dilemme de taille : sa famille ou son combat. En effet elle doit choisir entre s’exiler pour rejoindre son mari alors atteint d’un cancer de la prostate, deux enfants qui grandissent sans elle et à qui le gouvernement s’évertue à ne pas fournir de visa pour intégrer la Birmanie, ou continuer à mener son combat pour la Démocratie et la non-violence en Birmanie. Et elle a fait son choix, et le maintient depuis maintenant 19 ans.

Entre temps son mari décède sans qu’elle ne puisse le revoir, son assignation à résidence est sans cesse renouvelée et la moindre occasion est bonne pour la justifier. Dernière en date : un américain pénètre dans la résidence d’Aung San Suu Kyi à la nage. Il prétend avoir essayé de lui sauver la vie après avoir rêvé qu’on tentait de l’assassiner…  Une aubaine pour la junte qui prolonge son assignation à résidence et l’écarte ainsi des élections prévue en 2010.

Mais  la Dame de Rangoon n’est pas seule : elle bénéficie du soutient de la communauté internationale qui tente de faire pression sur le gouvernement Birman et de nombreuses manifestations sont organisées en l’honneur de la cause qu’elle défend. La population aussi la soutient, mais sous un régime de terreur et de violence, la peur est le plus grand rempart qui les sépare de plus de liberté.

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… » Aung San Suu Kyi, dans son discours Freedom from Fear (1990)

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