Archives de la Catégorie Télé
Le retour de Mad Men
25 mars. La date était attendue. Parce qu’on changeait d’heure pour passer à l’heure d’été ? Parce qu’on célébrait le premier week end de beau temps de l’année ? Non. Parce que Mad men revenait, après près d’un an et demi d’absence. Madmen : une série touchée par la grâce qui n’a à peu près pas regagné terre depuis ses débuts sur AMC (Matt Weiner, son créateur, a remporté quatre années consécutives -i.e., pour CHACUNE des saisons de Mad men, le Emmy Award de la meilleure série dramatique), était enfin rattrapée par la réalité : des querelles de budget avec la chaîne, dit-on.
Nous quittions Don Draper, observant son régime habituel de coucheries et s’envoyant des whisky à longueur de journée – jusqu’à en avoir des remords, en octobre 2010 : la saison 5 aura tardé. Un petit article pour se rafraîchir la mémoire avant de savourer le premier double épisode de la saison, ou, pour celles qui ne connaissent pas encore la série, découvrir ce qui fait que même le New York Times considère, en pleine campagne électorale aux Etats-Unis, le retour de Mad Men comme une information digne d’être annoncée.
La première chose qui surprendra le spectateur devant Mad men, c’est, outre sa lenteur et sa précision inhabituelle pour le format «série », son esthétique : la série est comme enrobé d’un hyperréalisme glacial et qui donne un étrange sentiment d’éternité : comme si on avait devant nous les sixties que seules une cinquantaine d’années de nostalgie et de fantasme pouvait recréer. Chaque plan est réfléchi – ce qui vaudra à Madmen de faire la couverture des Cahiers du Cinéma, revue de cinéphile au delà de tout soupçon, l’été 2010, au même titre qu’un film de Rohmer, Lynch ou Terrence Malick. Barbet Schroeder viendra d’ailleurs réaliser un épisode dans la saison 3.

Les séries de la honte
Parce que même si le bon goût est comme une seconde nature ici à Glorybox, on ne regarde pas pour autant uniquement Treme, Six Feet Under, ou Twin Peaks, bref des séries à l’esthétique assurée, qu’on n’a pas peur de balancer dans les dîners les plus mondains pour signaler à notre interlocuteur la finesse de notre capital culturel et à quel point on maîtrise nos références. Il y a aussi les séries qu’on matte… en secret. Ou presque. Car ne reculant devant aucun tabou, un fait étant un fait, Raïda, Greta et moi même partageons aujourd’hui avec vous nos séries de la honte.
Raïda kiffe les feux de l’amour

Dix raisons de regarder Secret Story
Number 10.
Vous aimez bien Benjamin Castaldi (bah si ça doit bien exister).
Number 9.
Daniel est beau, Daniel est grand, Daniel met des bonnets trop classes et a un petit bouc faussement mal entretenu, Daniel a un accent italien et un sourire à faire fondre un iceberg, Daniel est gentil, respectueux, doux, amoureux, Daniel, enfin, ressemble à Johnny Depp (si ça se trouve pour compenser il a un petit zizi, mais ça l’histoire ne le dit pas).
Number 8.
Vous n’en pouvez plus d’un Diner Presque Parfait et ses candidats qui font la chenille entre le velouté de roquette et le risotto au fenouil.
Number 7.
Amélie et Senna n’y sont pas.
Number 6.
Ce soir vous allez vous chercher un Macdo, autant accompagner ça du programme télé adéquate.
Number 5.
Votre mec déteste Secret Story, mais en même temps, il avait qu’à pas acheter du PQ à 4 euros, ça lui fera les pieds. Lire la suite
Les séries de l’automne 2011
Le jeux des séries qui vous seront présentées en France dans une ou quelques années se joue bien tôt aux Etats-Unis. Si tôt, que GB peut aujourd’hui vous parler des séries que vous regarderez demain.
(Attention: toutes les vidéos sont en anglais, sans sous-titres)
Spielberg bientôt sur vos petits écrans.
Et pour le coup, après l’expérience réussie de United States of Tara ce n’est pas une, mais deux séries que Steven Spielberg produira.
La première est une véritable surprise. Achetée par NBC et prévue pour l’automne, c’est une série musicale dont nous parlons : SMASH. Plus Broadway que Glee et plus mature que tous les High School Musical (facile), la série racontera l’histoire de la rivalité entre une chanteuse blonde expérimentée et une brune talentueuse, pour l’interprétation du rôle de Marilyn Monroe dans une nouvelle production musicale. Au casting, pas de tête connue, si ce n’est celle de Debra Messing, alias Grace de l’excellent Will&Grace. Si le synopsis vous laisse dubitative (tout comme je l’ai été), la bande-annonce finira peut-être de vous convaincre.
Dans un registre bien plus fidèle à sa filmographie, Spielberg propose avec la Fox la série d’anticipation Terra Nova. Tous se passe en 2149, dans une planète surpeuplée. Pour survivre, il existe une solution: fuir vers une terre nouvelle, un espace totalement vierge, naturel, aux allures d’Eden. On y trouve même des dinosaures (haha !) Mais voilà, cet endroit n’est pas aussi paradisiaque et les quelques élus de cette nouvelle civilisation vont le découvrir à leur dépend.
Eurovision 2011 de la mort qui tue
Telle une épidémie de gastroentérite, tel un moustique pendant votre sommeil en été, sans jamais faiblir et sans jamais oublier de revenir, l’Eurovision revient pour la quatre millionième fois! Cette fois ci ce samedi 14 mai dans la ville de Düsseldorf (dusselle dorffe), à l’ouest du pays. Le concours le plus ringard de toute l’Europe (faisant ainsi de la concurrence au concours du meilleur sosie de Derrick) est de retour, avec ses chansons toutes aussi pop qu’oubliées le lendemain, dont la chanson gagnante aura l’énorme privilège de vous casser les oreilles à la radio pendant deux semaines environ.
Je le sais, l’année dernière, j’étais là. Et Dieu sait comment j’ai survécu.
L’Eurovision 2010 a été soldée par une victoire allemande, environ 30 ans après la première, souvenez-vous, la brosse à cheveux n’avait pas encore été inventée et les chanteurs en herbe ne s’essayaient pas encore au LLCE Playback (notez ses mouvements à la guitare qui épousent tellement pas les notes):
United States of Tara, ou comment se sentir un peu moins folle
Tara Gregson pourrait mener une vie paisible dans sa banlieue typiquement américaine et paumée, elle pourrait faire des hamburgers maison à ses enfants qu’elle glisserait dans des sacs en papier pour le midi, elle pourrait aussi faire comme tout le monde quand on a des soucis, aller voir un psy, pleurer un peu sur le canapé, et s’en aller.
A la place, Tara Gregson a de multiples personnalités. Plus que de multiples personnalités, Tara a de véritables alter égo qui ont une place (voire prennent sa place) dans la famille Gregson.
C’est sa façon à elle d’exorciser ses démons : il y a T., adolescente folle du cul prête à dégainer string et gloss à chaque coin de rue, Alice, horripilant cliché maternel tout droit sorti des années 50, et Buck, le vétéran du Viet Nam alcoolique (pléonasme) et sa tendance à laisser trainer sa langue dans des nids à MST (miam). Si on se limite à ses trois là, c’est déja la merde. Et penser que Tara va s’arrêter là, c’est mal connaitre Diablo Cody. Lire la suite
La fin d’une émission
Alors que l’on vient d’apprendre l’arrêt pur et simple de l’émission à forte portée sociale Carrée Viiip, Glory Box entre pour vous dans les coulisses de la fin d’une émission…
Il était une fois…
Une petite stagiaire rentre par hasard dans une grosse boite de production afin de vivre sa première expérience journalistique.
La petite stagiaire intègre la rédaction effervescente d’une émission très critiquée par la presse (et par la petite stagiaire également). Pleine d’à priori, elle pense que la description de son poste sur sa convention de stage sera “chargée de caféine et de photocopie” et qu’elle sera mangée par une rédactrice en chef excédée après une tasse trop remplie. Mais que neni. La petite stagiaire se retrouve à faire du travail d’investigation, du casting, rédige des commentaires, des compte rendus, des fiches pour les animateurs, comme quelqu’un qui serait vraiment payé.
Glee débarque sur M6 et W9 !

Programmé après X-Factor, Glee commence (enfin !) demain soir sur M6 avec les trois premiers épisodes. La diffusion se poursuivera ensuite sur W9…
Pourtant cette série Américaine qui se rapproche d’une comédie musicale a connu un véritable succès aux Etats-Unis en raflant des récompenses prestigieuses comme un Golden Globe de la meilleure série comique, et un nombre impressionnant de disque a été vendu un peu partout dans le monde. Des séries de concerts sont régulièrement organisées aux Etats-Unis et prochainement à Londres.
Glee, c’est l’histoire d’un professeur d’espagnol au sein du lycée McKinley qui souhaite reprendre le club de chant de cet établissement de l’Ohio laissé bien mal en point par son prédécesseur.
Ode à la télé poubelle
Il y a deux personnes que je souhaiterai épouser. Un Kinder Bueno et Patrick Le Lay. Après m’être fait à l’idée que le Kinder Bueno deviendrait tout vert avant même nos noces de coton, c’est sur Patrick Le Lay et ses idées fabuleuses en matière d’émissions télévisées avec qui je souhaitais me lier à vie. En effet, c’est à lui que l’on doit un radical changement du PAF ces dernières années, représenté par sa phrase maintenant culte « Le boulot de TF1 est de donner du temps de cerveau disponible à Coca Cola ». Pour se faire, TF1 en premier (et sera suivi par M6 et maintenant presque toutes les chaînes télé) se lanca dans des programmes qu’on appela vite: « la télé poubelle ». Plus ça sent le jus de chaussettes, plus ça se crêpe le chignon, plus ça s’insulte niveau 5ème, mieux c’est.
Parce que, hein, nous, vous ne me la ferez pas. Vous n y réussirez pas. Tout le monde, VOUS TOUTES, avez au moins regardé une fois une de ces émissions, que ce soit « Y’a que la vérité qui compte », « Confessions Intimes », « Les anges de la télé-réalité » ou autres « Secret Story». Et non, non, vous ne me ferez pas croire que vous regardiez un documentaire sur arte à ce moment là.
La télé-poubelle est reconnaissable entre mille: Plus question d’embaucher des célébrités ou des acteurs pour faire le boulot, ce sont des gens comme vous et moi qui feront notre divertissement. Fini les actrices d’Hollywood, place à Josiane de Dunkerque, Jessica-Kimberley de Metz et Gégé le fan de camions. Fini le glamour, place aux beaufs, à la France vraie, à la France profonde. De larmes à gogo (souvent danseuses), des cris stridents à castrer un boeuf, des intrigues aux plans à quarante-douze (« tu n’es pas le père de notre Kevin-Brandon, mais je sais pas qui c’est, il faisait noir ce jour là »), mieux que tous les « Gossip Girl » et « Desperate Housewives » du monde, les disputes des gens qui pourraient être nos voisins, ceux qui « croivent que Steven a couché avec Alisson parce qu’il lui a fait la bise et que j’étais pas là et que c’est qui qui va s’occuper de notre fille qu’on a eu après 15 minutes de relation ».
Alors bien sûr, à force de regarder ça, l’envie d’être, à mon tour, une star de la télé-poubelle, m’a prise aussi vite et passionnément que la gastro en novembre. Mais je devais me faire à l’évidence: j’avais le niveau Brevet des Collèges, surdiplômée que j’étais, un gros handicap. De plus, mon prénom ne venait pas de « Dallas », et alors, lorsqu’on a découvert que je ne souffrais d’aucun trouble psychologique (communément appelé « être relou ») particulier, pas de narcissisme, de jalousie maladive, d’attirance sexuelle pour les poids-lourds et Frédéric François, en bref, j’étais trop normale. Pour être une star de la télé-poubelle, il est important de rentrer dans un moule: La fille tête à claques, comme oh-ça-va-Amélie-ça-va-hein, le.. la… heu… Thomas le Tokio Hotel, la Marseillaise Barbie de la Canebière ou encore la maniaque du ménage devenue folle du Swiffer et de l’Ajax Fête des Fleurs à cause de son père qui a quitté le domicile familial trop tôt pour rejoindre une Colombienne rencontrée sur Chatroulette. Attention, car lorsque l’on entre dans ce moule, mission impossible d’y ressortir! C’est votre marque de fabrique, celle qui vous donnera la clé du succès, de la reconnaissance éternelle et de, peut être, passer sur le Zapping de Morandini. Si vous êtes talentueuse en sciences de l’exagération, de l’hystérie et de l’accent régional exarcerbé, vous pourrez peut être essayer de passer au niveau supérieur, celui de celle que tout le monde connaît désormais: Leectra. Montrer vos seins chez Cauet (pour la 3ème fois en 2 heures), essayer de faire des phrases avec des compléments et, si possible, des conjonctions de coordination chez Morandini (ben oui il adore ça), sortir avec ses amis surtout pas payés par la prod et faire des crises de narcissisme aussi naturelles que les cheveux de Berlusconi, tout cela appartient au niveau supérieur de la star de la télé-poubelle, celui que vous n’atteindrez probablement jamais (et je vous le souhaite de tout coeur). Et si vos problèmes ont besoin d’être réglés, n’attendez pas, la magicienne Karine Le Val en un tour de magie et de pseudo-psychologie de « Femme Actuelle » est là pour tout arranger! Comme dans tout conte qui se respecte, ça finit toujours par un happy end.
A défaut d’y participer, la télé-poubelle détient un seul pouvoir qui lui donne, à mon avis, une bonne raison d’atterir au Panthéon plus tard: celui de nous consoler. Il y a bien des moments pendant lesquels on se dit à quel point on est moche, inutile et inintéressante. Or, jamais, au grand jamais, un être humain normalement constitué ne pourra faire pire qu’un garde forestier qui préfère ses arbres, ses feuilles mortes et ses crottes de lapin à sa famille. Jamais vous ne serez pire qu’une femme obnubilée par le tunning « trop dément les basses de quarante-douze watt, j’vais pouvoir mettre ma trance à fond sur le parking de Carrefour trop frais hehehe ». A force à se comparer à ces gens censés exister (car, officiellement, ces émissions ne sont pas du pipeau, mais officieusement..?), tout nous paraît moins grave, et on relativise, et on se sent mieux, mieux que tous les Valium du monde, tous les Kinder Country sur cette Terre et tous les psychologues qu’il existe.
En bref, la télé-poubelle semble être descendue du ciel, je dépose donc officiellement une demande de sacralisation auprès du Pape. Amen.

