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Allen Stone : Blue Eyed Soul
La première fois que j’ai vu Allen Stone, c’était dans ce live enregistré dans le salon de sa mère. L’installation est sommaire, mais efficace : un micro sur pied, une batterie, des guitares, dont une pour le chanteur qui arbore une belle dégaîne de hipster : cheveux trop longs sous un bonnet difforme, visage encadré, disparu, derrière des lunettes trop grandes. Et il ouvre la bouche. Mettant fin à ma cascade de jugements, pour me retrouver honteusement transportée par une véritable voix soul et un vrai sens de la musique.
Allen Stone a commencé la musique comme toutes ses idoles, au sein d’une chorale. La chorale de l’église de son père dans la petite ville de Chewelah, Washington, dont il deviendra rapidement le leader. En 2010, il sort son premier album, le discret "Last To Speak". Et pourtant il convainc, et réussit à réunir derrière lui tous l’orchestre de Raphael Saadiq sur un album. Un album éponyme, sortie le 4 octobre 2011, qu’il distribue par ses propres moyens, et qui poussé par son talent atteindra la deuxième place du classement iTunes.
Phil Spector : Ascenseur pour l’échafaud

On ne peut pas vivre correctement sa passion pour le rock et ses génies malades sans un jour croiser le chemin de Phil Spector. Longtemps il fut bon ton d’ignorer son importance capitale dans le monde de la Pop, il a quasiment fallut attendre son incarcération en 2003 (voir en fin d’article) pour que son travail soit reconnu à sa juste et inestimable valeur. Qu’on le tienne responsable du présumé échec artistique du Let it Be des Beatles ou de la spectaculaire dégringolade du rock’n’roll vers les affres du show business, Spector n’en demeure pas moins le plus brillant des pères fondateurs du courant le plus inutile et le plus vital de l’histoire de la musique, la Pop.
Car si Warhol a prédit l’art éphémère, l’art comme produit de consommation et le quart d’heure de gloire, c’est Spector qui a illustré le concept à son paroxysme, l’étirant dans de phénoménales proportions, jusqu’à la contradiction. Nous sommes en 1960, et désormais, les artistes sont jetables une fois essorés de leur talent, et les petites bluettes naïves que l’on en a tirées sont d’éternels chefs d’œuvres. Laissons le blues, la country et le rockabilly aux fifties : les années 60 seront Pop.
The Puppini Sisters
Les Puppini Sisters, ne sont pas vraiment soeurs. Du moins pas soeurs de sang. Ces trois londoniennes, qui se sont rencontrées sur les bancs d’une école de jazz, sont unies par la musique mais aussi un goût immodéré pour l’âge d’or d’Hollywood. Une époque flamboyante qui s’étend des années 30 aux années 50. L’époque où les Andrew Sisters animaient les pistes de danse avec leur formation de close harmony (des morceaux chantés à l’unisson mais sur des harmonies décalées).
The Kinks
J’ébaucherai cet article par une révélation fracassante : ce mois de février 2012 ne célèbre aucun anniversaire relatif à la carrière des Kinks qui justifierait un article sur ce groupe pop cinquantenaire. Enfin, si, un : il y a un an, Ray Davies, leader du gang, déclarait une reformation imminente et… Oui, bon, tout le monde s’en fout. Ne faites pas semblant, les reformations n’intéressent personne, et surtout pas moi !
(Mon compte en banque tient à témoigner : je me rappelle bien avoir raqué pour un concert des Stooges, des Pixies et de NTM ces dernières années, alors entendre HeLiuM snober les reformations, ça me fait bien marrer. Ha ha.)
Oui, bon, ce que je voulais dire avant d’être grossièrement coupé dès mon premier paragraphe, c’est que l’actualité des Kinks étant inexistante, je n’ai aucun angle d’attaque, aucun prétexte pour parler ici de leur musique, de leur musique que j’aime profondément, et c’est bien embarrassant. Ces derniers temps, les Kinks ont eu une importance colossale dans ma propre vie : depuis des mois, ils ont tout simplement rythmé mes journées, toutes mes journées, quasiment sans exception. Oui, The Kinks, le vieux machin né en 1964, l’éternel numéro quatre des sixties anglaises, (après les Beatles, les Stones et, pfff, les Who…) qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, je ne suis plus à un anachronisme près. Les Kinks, vous les connaissez, on les chante même chez la Nouvelle Star ! Girl, you really got me now… Qui ? Steeve Estatoff ou Julien Doré, je ne sais plus trop, mais si cela vous intéresse vraiment, je vous invite à chercher sur Google et à arrêter de lire cet article. (NDLR : Helium on dit pas ça aux lecteurs d’un blog, c’est mauvais pour les statistiques) Lire la suite
Monidole : Kate Bush, la sorcière du son
Je pourrais aborder Kate Bush en prenant le mythe par son commencement : son enfance en Angleterre dans la bien nommée ville de Bexleyheath, sa formation de danseuse, de mime, sa famille prompte à encourager le talent de la jeune, très jeune Cathy… Mais Kate Bush plus qu’une histoire c’est une sensation, un remède, une mythologie, une magie. Sa musique parle à l’âme de ceux qui veulent bien l’entendre, tant et si bien que la presse la surnomme bientôt "la sorcière du son", et plutôt que de la décrire avec des mots qui seront forcément trop pompeux, je préfère la partager avec vous.
Préambule
En tant qu’enfant chérie des années 80, je connaissais Kate Bush comme tout le monde : la conteuse étrange de Wuthering Heights, la folle dingue de Babooshka, la rêveuse de Running up that hill. Et puis j’ai traversé, comme tout un chacun certainement, un épisode difficile, une sensation de vide infini, de murs lisses contre lesquels on glisse, de chute inexorable vers le néant, quand tout et n’importe quoi nous traverse et nous heurte, jusqu’à en perdre le plus basique : respiration, expiration.
Il est des gens qui dans de telles situations s’engagent dans l’humanitaire, pour se heurter à la vie, voient un psy, écrivent des livres. Je ne saurais plus dire comment je suis tombée sur l’album Never For Ever de Kate Bush et surtout sa 11ème piste : Breathing. Lire la suite
Monidole – Florence + the machine : la sorcellerie faite musique
Difficile de décrire avec des mots le phénomène Florence + the machine.

Florence + the machine n’est pas un film de Tim Burton ou un roman caché de Lewis Caroll, c’est un groupe de rock indé ascendant soul. Porté par la sublime Florence Welch, ancienne étudiante aux Beaux Arts anglais, dyslexique, insomniaque et dysimétrique de son état, Florence + the machine c’est d’abord (quoi que, mais c’est en tous cas ce dont je vais parler en premier) sa voix : une sorte de coup de poing en plein ventre qui fait du bien. Ecoutez Florence Welch chanter à votre oreille, c’est accepter de se faire hypnotiser, ensorceller, c’est un peu remettre sa vie entre ses mains et accepter de la laisser vous emporter dans vos propres abysses, dans votre propre paradis, tout ça à dos de montagnes russes. Lire la suite

